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Archive for mai 2010

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   Voici un lien vers un site essentiel que je souhaite faire connaître à mes amis blogueurs. Un site qui nous fait prendre conscience d'une terrible réalité de notre monde contemporain.

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Cheikh Bentounès (1949-) – "Renouer avec une spiritualité du Vivant" (extrait)
Texte paru dans "La Nature et le Sacré – Les catastrophes naturelles signes des temps" – Revue Symbole – Editions Dervy, Mai 2007

Symbole – Mais la Paix que vous évoquez ne s'obtient-elle pas de haute lutte ?

Cheikh Bentounès – C'est, effectivement, la récompense du Djihad – le véritable Djihad qui est le combat spirituel livré contre notre propre Ennemi intérieur, celui qui ne cesse de nous assaillir et de nous diviser lorsque se manifestent nos passions, nos tendances négatives, l'orgueil et les aveuglements de notre ego. Le Djihad, la véritable "guerre sainte", ne consiste pas à tuer l'autre extérieurement mais à livrer bataille pour s'améliorer intérieurement, pour s'ouvrir à la présence de l'Ineffable, et ainsi améliorer le monde autour de soi.
   On traduit généralement une importante injonction coranique par "
Faites le bien et combattez le mal" ("Al-amr bi 'l-ma'rûf wa 'l-nahy 'ani 'l-munkar"). C'est une traduction trop synthétique et finalement incomplète. En arabe, des nuances essentielles sont apportées : il ne s'agit pas seulement d'un précepte "moral", mais de faire le bien pour tout le monde, dans une perspective véritablement universelle, dans tous les ordres de réalité – autrement dit le bien "en soi" ; de même, le combat contre le mal concerne moins tel "mal" contingent, extérieur, désigné, que le mal "partagé", celui qui est à la fois ici et là – le mal "en soi" partout présent. On ne peut plus alors se situer dans la dualité, dans la désignation d'un "Grand Satan" extérieur : on ne peut qu'être dans un travail de discernement spirituel intérieur. Le bien et le mal, le jour et la nuit sont en chacun de nous : il s'agit de le reconnaître, de livrer combat dans nos cœurs en faisant le choix de la lumière, mais aussi de reconstruire un monde à nouveau habitable et plus fraternel. C'est un travail permanent, éminemment nécessaire, et aussi moins "visible". Le soufi n'est pas un "révolutionnaire" : il essaie d'aider, humblement, à l'éveil des consciences. Il est à la fois homme de méditation et homme d'action. Il n'attend aucune récompense, ni ici-bas ni au Paradis. Une anecdote raconte l'histoire de cette femme soufie qu'on voit partir dans le désert avec un fagot de bois et un seau d'eau. On lui demande où elle va et elle répond : – "Avec ce seau d'eau, je vais éteindre le feu de l'enfer et avec ce fagot brûler le Paradis." On la questionne alors : – "Mais pourquoi ?!" et elle répond : – "Afin que personne ne prie Dieu ni par peur de l'enfer ni par désir du Paradis…"

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Cheikh Bentounès (1949-) – "Renouer avec une spiritualité du Vivant" (extrait)
Texte paru dans "La Nature et le Sacré – Les catastrophes naturelles signes des temps" – Revue Symbole – Éditions Dervy, Mai 2007

Symbole : Ce qui veut dire que ce qu'il est convenu d'appeler la "réalisation" spirituelle – intérieure – n'est pas sans effet sur les équilibres du monde extérieur.

Cheikh Bentounès : C'est absolument certain. Si le monde aujourd'hui est à ce point perturbé, c'est parce que notre propre conscience a diminué. Quand nous manquons de lumière, c'est qu'en réalité nous manquons à la Lumière (divine), et c'est pourquoi le monde s'obscurcit. On parle aujourd'hui de "l'effet de serre" – c'est une image extraordinaire ! On voit bien que nous sommes littéralement oppressés, que nous avons suscité comme un voile de chaleur étouffant entre le ciel et la terre, qui provoque un bouillonnement de l'humanité. Plus nous allons, plus c'est le problème de la survie de l'homme qui se pose – qui ne le voit ?

Symbole : Peut-on dire que, tandis que le "ciel se ferme" (que la lumière d'En haut a de plus en plus de mal à se frayer un chemin dans les cœurs), les influences les plus inférieures ou les plus "ténébreuses" se répandent, en bas…?

Cheikh Bentounès : Il ne s'agit pas d'un phénomène extérieur à nous-même : c'est en nous que le combat se joue. Nous portons tous en nous l'ombre et la lumière. Quand on parle des "profondeurs ténébreuses", c'est toujours de l'homme dont on parle, car l'homme, s'il ne s'élève pas – si un "effet de serre", comme aujourd'hui, lui bouche le ciel -, tombe dans un état infra-humain. D'où, aujourd'hui, la domination d'un mode d'être et de rapports aux autres et à l'univers qui relèvent essentiellement du règne animal, où ce sont les instincts, en particulier la force, le besoin de possession et de domination (argent, désirs, volonté de puissance…), qui prévalent. Le voilement de la Lumière divine est si fort que la sagesse, et même toute raison, semblent nous avoir abandonnés : nous continuons à vouloir du "progrès", de la croissance matérielle, de la "consommation"… La lutte pour l'énergie nécessaire à la satisfaction de cette logique du "toujours plus" nourrit un conflit entre les puissances qui ne trouve pas d'issue parce qu'il n'y a plus de sagesse. Nous prenons des décisions qui ne font qu'aggraver les problèmes quand nous croyons – dans l'aveuglement présomptueux qui est le nôtre -, être en train de les résoudre. On le voit : avant même de prétendre revenir à Dieu, c'est à la qualité humaine qu'il importe de revenir, car Dieu, Lui, dans sa transcendance, n'est en rien affecté par l'état de démence dans lequel le monde se trouve. A nous de prendre conscience que cette présence, source de lumière et de paix intérieure, peut agir comme un baume en rétablissant la communication rompue entre le Ciel et la Terre.

   Né à Mostagadem (Algérie) en 1949, le Cheikh Khaled Bentounès est le 46è chef spirituel de la tarîqa 'Alâwiyya – l'une des plus importantes confréries soufies, héritière de la lignée Shâdhiliyya-Darqâwiyya dont le fondateur est le cheikh Ahmed ben Mustafa al-alâwi (1869-1934), auteur de nombreux traités de métaphysique et vénéré comme l'un des grands saints du 20è siècle. Guide spirituel, le cheikh Bentounès est aussi un militant de la paix et l'une des grandes figures du dialogue inter-religieux.

NOTA – Cet ouvrage collectif "La Nature est le Sacré – Les catastrophes naturelles signes des temps", dont est extrait ce texte est parmi les plus intéressants que j'ai eu à lire. Il regroupe les approches d'auteurs de diverses Traditions spirituelles (chrétienne, juive, musulmane, brahmanique, bouddhique) sur le sujet des manifestations de la Nature comme signes des temps.
Des exemplaires sont disponibles à la vente sur le site d'enchères en ligne eBay. Je ne peux que vous inciter à vous le procurer, il donne beaucoup de clés à la compréhension de notre monde et de ses difficultés.

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