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Archive for juillet 2008

"Le Concert Champêtre" est le titre d'une toile d'Antoine Watteau. L'oeuvre du peintre a inspiré à Paul Verlaine une série de poèmes que Gabriel Fauré mit plus tard en musique, créant ainsi d'admirables correspondances entre Peinture, Poésie et Musique.

EN SOURDINE – Paul VERLAINE

Calmes dans le demi-jour

Que les branches hautes font,

Pénétrons bien notre amour

De ce silence profond.

Mêlons nos âmes, nos coeurs

Et nos sens extasiés

Parmi les vagues langueurs

Des pins et des arbousiers.

Ferme tes yeux à demi,

Croise tes bras sur ton sein,

Et de ton coeur endormi

Chasse à jamais tout dessein.

Laissonsnous persuader

Au souffle berceur et doux

Qui vient à tes pieds rider

Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir

Des chênes noirs tombera,

Voix de notre désespoir,

Le rossignol chantera.

 

CLAIR DE LUNE – Paul VERLAINE

Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques,

Jouant du luth, et dansant, et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune,

Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur

Et leur chanson se mêle au clair de lune.

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Et sangloter d'extase les jets d'eau,

Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

 

23 En sourdine 20 Clair de lune

 

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« A Toulouse, l’axe de la grande rue*, qui part de la place et du quartier Saint Michel** au sud, passe par la porte Narbonnaise (château comtal***) pour aboutir à la place du Capitole****, se transforme alors en trident régulier. La voie médiane, que commande le « pivot » de la vieille église du Taur*****, trouve en Saint Sernin son lieu sacré, et en quelque sorte son Nord idéal. Il y a là une référence certaine à la quête du Dieu transcendant, à la Tradition primordiale, à ce royaume de la Connaissance antérieure que les Grecs****** identifiaient avec l’Hyperborée, et il ne serait pas alors impossible de voir en Toulouse une Thulé méridionale. » – Henry MONTAIGU, « Toulouse, Mythes et Symboles de la Ville-Rose » – Claire VIGNE-Editrice, Septembre 1995.

Basilique Saint Sernin – Archevêché de Toulouse – Languedoc

Toulouse - Saint Sernin - ChevetToulouse - Saint Sernin - Coupole de la croisée du transept - 21Toulouse - Saint Sernin - Christ en Majesté - 15Toulouse - Saint Sernin - Tribunes - 25Toulouse - Sceau de Saint Sernin

 

 

Notae – *Le « Cardo Maior » antique ; **A Saint Michel étaient situées les nécropoles antique et paléochrétienne ; ***Siège du pouvoir seigneurial ; ****Siège du pouvoir civil ; *****Lieu du martyre de Saint Saturnin ou Sernin, lié à un taureau rendu furieux et traîné dans les rues de la Cité ; ******Les Volques Tectosages, peuple celtibérique habitant la région de Toulouse avant la conquête romaine, avaient, lors d’une campagne guerrière, pillé le Temple de Delphes, ramené son Trésor disparu depuis lors et devenu Légende : l’Or de Toulouse.

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     "La beauté se tient immobile en dehors du temps, au sein d'un profond et mystérieux silence" – Saint Augustin.

 

Saint Michel de Cuxa, abbaye romane – Evêché d'Elne-Perpignan – Roussillon

Saint Michel de CuxaSaint Michel de Cuxa - Croisée du transept NordSaint Michel de Cuxa - Crypte

     Âge roman : Une chronique juste pour avoir la joie de contempler de belles choses.

 

Nota – Les photos sont extraites du numero 37bis de la revue "Zodiaque" (aujourd'hui disparue).

 

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LA NUIT – Villiers de L'isle-Adam (1838-1889)

La nuit, sur le grand mystère,

Entr'ouvre ses écrins bleus :

Autant de fleurs sur la terre,

Que d'étoiles dans les cieux !

On voit ses ombres dormantes

S'éclairer à tous moments,

Autant par les fleurs charmantes

Que par les astres charmants.

Moi, ma nuit au sombre voile

N'a, pour charme et pour clarté,

Qu'une fleur et qu'une étoile

Mon amour et ta beauté !

   Ami visiteur, ma pratique du chant en amateur m'a conduit à interpréter la Mélodie Française, genre musical intimiste, né à la fin du 19ème siècle, et que j'affectionne tout particulièrement. Ce genre fut illustré par Gabriel Fauré, Henri Duparc, Claude Debussy, Reynaldo Hahn, Ernest Chausson, Cécile Chaminade et bien d'autres. J'ai ainsi découvert les vers de Villiers de L'Isle-Adam, admirablement mis en musique par Gabriel FAURE (comme beaucoup d'autres poèmes de ses contemporains).

   Je vous recommande chaudement l'enregistrement fait chez BMG Classics en 1993 avec Nathalie STUTZMANN, Contralto et Catherine COLLARD au piano : un réel enchantement.

 

 

 

 

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     C'est en écoutant l'admirable "Nocturne" de Chopin que m'est venue l'idée de cette note. Elle est la première de ce qui deviendra peut-être (à votre bon coeur Messieurs Dames) une chronique régulière, où je vous proposerai des oeuvres musicales que j'aime, et qui ont compté dans ce que je suis. 

     George Sand, pour décrire l'oeuvre de son Amour Chopin, parle dans un de ses écrits de la "Note Bleue". Je vois dans cette significative image ce que d'autres appellent le "Meilleur de la France", transposé en musique. Chopin était polonais me direz vous, certes, mais par ce "Meilleur", il ne s'agit pas d'entendre quelque revendication béatement nationaliste ou cocardière, quelque "cocorico" lancé depuis le tas de fumier.

     Où l'on parle également de "Bleu de France" : tout artiste ayant choisi la voie picturale pour expression connait cette couleur si particulière.

     La première oeuvre que je vous invite à découvrir est "Ave Regina Coelorum", de Guillaume DUFAY. Compositeur né vers 1400 dans le Hainaut (Cambrai, ou Bersele, ou encore Chimay, les musicologues ne sont pas tous d'accord…mais qu'importe). Il fût chantre à Rome en 1428, où il fut ordonné prêtre, puis exerça à Florence et Bologne. Nous le retrouvons ensuite Maître de Chapelle à la cour de Savoie. Il s'établira à Cambrai en 1445. Chanoine, il est à l'origine de ce que l'on définit en musique comme l'"Ecole Franco-flamande", héritière de l'"Ars Nova" de Guillaume de MACHAUT, à laquelle sont joints les apports des pérégrinations de Dufay en Europe. J'y ai mis en correspondance (selon la notion chère à Baudelaire) une oeuvre picturale, contemporaine de Dufay, que je trouve belle : "Le Jardin d'Eden", du Maître anonyme du Haut-Rhin, peinte vers 1410, dans le style du "Gothique international" ou encore des "Primitifs" : terme qui a ma préférence car il fait écho à ce que René Guénon, et après lui Henry Montaigu, nomme la tradition primordiale.

 

 

Et pour les chanteurs, voici la partition : Téléchargement 1400_dufay_ave_regina_coelorum.pdf

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     English language has also its own beauties. Have you ever heard Dowland's magnificent and tender music, on 17th century elisabethan poetry ? Or Shakespeare's theatre in original text ? Indeed, it might be for you a marvellous world to discover !

Let's go ! Close your eyes, open your ears : Beauty is coming down !

 

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Bernanos – 1960

« Je ne suis pas anti-démocrate, je déplore au contraire, qu’après avoir signifié une conviction profonde, un état d’âme, une foi, le mot de démocrate ait pris peu à peu le sens de citoyen d’une démocratie, rien de plus, en sorte que nous sommes menacés de voir un jour des démocraties sans démocrates, des régimes libres sans hommes libres. »

« Vous trouvez que le visage de l’Eglise repousse aujourd’hui plutôt qu’il n’attire, mais s’il repoussait précisément parce que nous nous détournons de lui, que nous n’osons pas le regarder en face, que notre foi et notre amour ne s’y reflètent plus ? Les masses s’éloignent de l’Eglise, je le vois bien. Mais l’Eglise a-t-elle besoin des masses, ou les masses besoin de l’Eglise ? Imbéciles ! Vous avez laissé se former une civilisation ennemie de l’homme, et vous comptez sur le fils de l’Homme pour vous aider à poursuivre cette expérience jusqu’au bout. »

Bernanos – « Lettre aux Anglais » – 1946

« Le grain que nous aurons semé devra pourrir d’abord sous la terre avant de germer dans de nouveaux coeurs, pour un nouveau printemps. Je ne connaitrai pas ce printemps…qu’importe ! Dans le monde qui se défait sous nos yeux, nous n’avions pas notre place, nous autres Français… Dans celui, forcément provisoire, qui va se reconstruire en hâte, avec les débris de l’ancien, nous ne ferons guère plus que subsister… Mais tôt ou tard triomphera du Fer et de l’Or, la douce et laborieuse patience de l’homme. Elle remettra le monde à notre mesure, elle refera un monde humain. »

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