Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for juin 2008

Comédie

JOURNAL DE GALERE – Henry MONTAIGU – 20 septembre 1991

« Être homme, c’est diminuer la part de comédie. » (Malraux). De même, empêcher un acteur de « faire du théâtre » est la grande étude. Car le comédien véritable n’est pas là pour se grimer mais pour se dépouiller. Le plus grand est celui qui réduit à rien le cabotinage, ou qui, ayant opéré la plus singulière des alchimies, est parvenu à transmuer le cabotinage en toge d’honneur et d’éclat – et projette sans risque les masques les plus divers. Car le grand acteur observe la plus grande distance entre son rôle et lui-même ; il ne se laisse pas investir par la dépouile mortelle du personnage qu’il incarne passagèrement. S’adresser à la part noble du spectateur et parvenir à l’augmenter, telle doit être pour chacun de nous la détermination spirituelle majeure.

Commentaires: lire et poster | Envoyer à un ami

Publicités

Read Full Post »

Redire

Henry MONTAIGU – RENE GUENON OU LA MISE EN DEMEURE

L’humilité fondamentale de la démarche traditionnelle : « Toutes ces choses ne sont pas ma science », fait autour de Guénon un rempart d’incompréhension et de haine. La modernité ne sort du mensonge que par l’accident du « j’ai trouvé tout seul, c’est mon invention, ma découverte, ma trouvaille. » Le scribe véritable doit perpétuellement redire avec son langage de vivant qui s’adresse à des oreilles vivantes. Sa fonction est de recréer ce qui est. Il n’ajoute que par nécessité extérieure de façon à n’altérer le dépôt que comme instrument de miséricorde. Mais quel que soit le moyen choisi et la condition des temps, tout ce qui importe est de redire.

Commentaires: lire et poster | Envoyer à un ami

Read Full Post »

Simone WEIL, écrivain et philosophe (1909-1943)

L’Amour courtois (*) avait pour objet un être humain ; mais il n’est pas une convoitise. Il n’est qu’une attente dirigée vers l’être aimé et qui en appelle le consentement. Le mot de Merci par lequel les troubadours désignaient ce consentement est tout proche de la notion de Grâce. Un tel amour dans sa plénitude est l’amour de Dieu à travers l’être aimé. Dans ce pays (**) comme en Grèce, l’amour humain fut un des ponts entre l’homme et Dieu. La même inspiration resplendit dans l’art roman. L’architecture n’a nul souci de la puissance ni de la force, mais uniquement de l’équilibre.

Les Pythagoriciens disaient que l’harmonie ou la proportion est l’unité des contraires en temps que contraires. Il n’y a pas d’harmonie là  où l’on fait violence aux contraires pour les rapprocher ; non plus là où on les mélange ; il faut trouver le point de leur unité. Ne jamais faire violence à sa propre âme ; ne jamais chercher ni consolation ni tourment ; contempler la chose, quelle qu’elle soit, qui suscite une émotion, jusqu’à ce que l’on parvienne au point secret où douleur et joie, à force d’être pures, sont une seule et même chose, c’est la vertu même de la poésie.

Nous ne pouvons pas savoir s’il y aurait une science romane. En ce cas, sans doute, elle aurait été à la nôtre ce qu’est le chant grégorien à Wagner. Les Grecs, chez qui ce que nous appelons notre science est né, la regardaient comme issue d’une révélation divine et destinée à conduire l’âme vers la contemplation de Dieu. Elle s’est écartée de cette vocation… La science n’a pas d’autre objet que l’action du verbe, ou, comme disaient les grecs, l’amour ordonnateur… Comme l’art elle a pour objet la beauté. La beauté romane aurait pu resplendir aussi dans la science.

Nota – (*) Amour courtois en langue d’Oïl = Fin’Amor (prononcé finamour) en langue d’Oc : on peut définir la Fin’Amor comme amour fin, délicat, mais aussi finalité du vrai amour ou encore finalité véritable de l’amour ; (**) les Pays d’Oc ou Occitanie = Sud de la France, anciennes Provinces d’Aquitaine, Gascogne, Languedoc, Provence, Limousin, Auvergne, sud-Dauphiné.

Commentaires: lire et poster | Envoyer à un ami

Read Full Post »

Politique

Raymond ABELLIO – Entretiens – Pierre Belfond éditeur, 1966

     Certains êtres sont destinés à faire passer la politique avant tout. Toute leur vie, ces êtres cherchent à s'éprouver et à se réaliser selon un destin de puissance, car la politique, pour moi, c'est cela ! Tandis que l'amour – je parle de l'amour vraiment accompli – procède d'une faim de connaissance. J'imagine d'ailleurs que l'amour, pour les politiques, est, de même avant tout, un instrument de puissance, comme si, finalement, les grands politiciens faisaient de la politique par compensation, comme suite à leur insuffisance en amour ou en art !

     Ce texte est ou intemporel, ou prophétique, tant il est vrai que l'on peut l'appliquer à nos contemporains politiques, et à ce qu'ils nous donnent à voir d'eux-mêmes, alors qu'il a été écrit il y a plus de 40 ans.

Commentaires: lire et poster | Envoyer à un ami

Read Full Post »

ESOPE (6è s. av. J.-C.)

    Marchant un jour d'été en plein midi, des voyageurs aperçurent un platane et coururent aussitôt s'étendre sous son ombre. L'un d'eux leva les yeux vers l'arbre et dit : Cet arbre ne sert à rien car il n'a pas de fruits ; Mais le platane répliqua : Vous osez me dire inutile à l'instant même où vous profitez de mon ombre !

    A méditer mes amis…

Commentaires: lire et poster | Envoyer à un ami

Read Full Post »

Interactivité

 

     Vermeer de Delft est un peintre du 17è siècle que j'aime. Vous trouverez sur ce blog un lien vers un site nous présentant son oeuvre.

     J'aime particulièrement ce portrait dit "la Jeune-fille à la Perle" (ou "au Turban"). Sourire esquissé. Quel peut être son âge ? Regard si présent, franc et qui interroge.

     Amis visiteurs, qui laissez vos commentaires, je vous invite à l'Interactivité en écrivant un texte sur ce que vous inspire cette toile… Choisissez la forme qu'il vous convient (prose, vers,…) Alors, à vos plumes…

 

Commentaires: lire et poster | Envoyer à un ami

Read Full Post »