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Archive for janvier 2006

Sacha GUITRY

Sacha Guitry (1885-1957) – Le Petit Carnet Rouge et autres souvenirs

   Des gens m'appellent Maître, pour se mettre à leur aise, sans aucun doute. Je n'y trouve aucun plaisir. "Je ne suis pas maître, Madame. – Oh ! Maître, vous êtes trop modeste." Trop modeste, moi. Mais oui, au fait, elle a raison – mais elle ne sait pas pourquoi, car elle n'est pas là quand je suis seul et que je me traite si durement.

   Si ceux qui me détestent, appelons-les mes ennemis mortels, savaient ce que je pense de moi, ils diraient, le premier moment de joie passée : "Tout de même, il va un peu loin…"

   Tout le monde connaît, ou croit connaître, ce grand comédien : séducteur et misogyne, égocentrique, ironique et plein d'esprit, peut-être…Mais chercher au-delà de l'apparence, de l'apparence d'un discours même, et trouver l'homme dans sa Vérité.

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Jean COCTEAU

Le mur de la bêtise est l’oeuvre des intellectuels. A le traverser, on se désintègre. Mais il faut le traverser coûte que coûte. Plus votre appareil sera simple plus il aura de chances de vaincre la résistance de ce mur.

Henry MONTAIGU – LE PRINCE D’AQUITAINE

L’écriture n’est pas signe de mort, mais vie nouvelle, allègement. Toute écriture qui n’est pas seconde naissance stabilise le moi dans un état périphérique, confirme l’étroitesse des frontières.

Parce que le monde gît sous la couverture de plomb de Tamas, être pour tout ce qui bouge – et contre tout ce qui fait semblant de bouger.

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Contredire

Henry MONTAIGU – RENE GUENON OU LA MISE EN DEMEURE

   Comme il est venu nous rappeler la modestie de nos ouvrages, de nos traces et de nos pas ! Tout notre avenir est derrière nous. Il n'y a déjà plus d'histoire. Mais ce n'est que le 19ème siècle qui s'en va, la fin de l'utopie, de l'écoulement vers l'avenir, des grandes orgues de Hugo dont il est frappant qu'ils ne contredisent jamais rien de l'air du temps, et qui se coule en lui, jusque dans l'exil qui n'est qu'une protestation événementielle et non fondamentale outre qu'elle est parfaitement démagogique. Guénon va contre. Il est, lui, dans le véritable rythme du 20ème siècle qui est de rompre et de contredire. Redresser, aller contre. Au sens où le Général de Gaulle demande à ses collaborateurs présumés brillants, c'est-à-dire parfaits photographes de l'irréalité ambiante, un texte pour aller contre. Les trois quarts de l'oeuvre de Guénon procèdent de cette nécessité de contredire. Ou Céline : "Quand j'ai besoin de m'agacer, je lis Les Nouvelles Littéraires" – ou Cocteau : "Contredire ce qu'on appelle l'avant-garde". Certains des traits de lumière fondamentaux de Ramana Maharshi sont des réponses à des pèlerins idiots, généralement américains, qui ont fait le voyage d'Arunashala, qui arrivent avec en tête une grosse bêtise, qui parviennent à la placer, et qui, en échange, recoivent une perle. Et je songe que sans cette bêtise on n'aurait peut-être pas eu la perle. Ce qui s'applique à tout.

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Les Témoins

Henry MONTAIGU – CULTURE D'APOCALYPSE

   Ces considérations ne sont pas aimables, je le sais bien. Celui qui vexe ou embarrasse ses contemporains a peu de chances d'être entendu – ni d'ailleurs plus aucune d'être lapidé. Il est toutefois nécessaire de "marquer le coup" de temps à autre ; de tracer, avec la pauvre encre des scribes non soumis aux contraintes de la religion idéologique, quelques commentaires en marge de l'Apocalypse, afin de témoigner que les choses en sont là, et qu'il ne s'agit pas du tout d'exégèse, de secrets perdus enfin révélés, de déductions occultolâtres et autres voix sibyllines, échos de "Bouche d'Ombre", distillant à doses homéopathiques ces petites épouvantes qui ne sont que le contrepoint nécessaire des tranquillisants. Les témoignages de cet ordre – ultime noblesse des lettres – sont plus nombreux qu'on ne le veut croire. Lorsqu'il s'agit d'un écrivain assez considérable pour avoir victorieusement traversé tous les philtres, les clairvoyants crétins qui veillent sur ces choses les qualifient de "provocations". Baudelaire par exemple. Il y a dans "Fusées" des fragments d'Apocalypse que tout le monde connaît et que personne ne veut voir. "Ne pas être admiré, être cru" disait fort justement Cocteau. Cela s'applique au premier chef (mais à combien d'autres, de Chateaubriand à Bernanos) à ce Baudelaire posthume que hante sans lyrisme, sans voyance, sans vanité et sans fard les horribles réalités de la fin de tout.

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